Catégories
actualités

Vaccination HPV des élèves de 5e

Le 4 mars est la journée de sensibilisation mondiale autour des maladies HPV viro-induites. Après les annonces du Président de la République à propos de la vaccination, les infirmières de l’Éducation nationale peuvent s’interroger sur l’organisation de cette campagne. Mais que savons-nous de cette vaccination ? Quelques informations pratiques.

Papillomavirus : Emmanuel Macron annonce la généralisation de la vaccination pour les élèves volontaires dès la classe de 5e
Le gouvernement entend mieux lutter contre ces infections chez les adolescents, qui peuvent provoquer des cancers.
[suite]

Les annonces du Président de la République ont fait la une de la presse nationale (Franceinfo).
Pourquoi cette vaccination ?

Cette vaccination est recommandée depuis 2007 : d’abord pour les filles, puis à partir de 2021 pour tous les jeunes entre 11 et 14 ans. Elle intervient avant le début de la vie sexuelle pour lutter contre l’infection par les HPV, pouvant entrainer un cancer.

Que sont les papillomavirus humains (HPV) ?

Ce sont des virus sexuellement transmissibles par voie vaginale, anale ou orale, pouvant évoluer en cancer du col de l’utérus, de l’anus ou oropharyngé dans les 25 à 30 années suivant la contamination.

Comment est pratiquée cette vaccination ?

Le vaccin utilisé depuis le 1er janvier 2021 est le Gardasil 9. Deux doses sont nécessaires, elles sont espacées de 6 à 13 mois.
Le Gardasil 9 est un vaccin monovalent qui protège contre les virus de type 31, 33, 45, 52 et 58, qui sont en cause dans 90 % des cancers du col de l’utérus, 80 % des cancers de l’anus et 90 % des verrues anogénitales.
La vaccination est déconseillée aux personnes présentant une allergie à l’un des composants du vaccin.
Selon Vaccination info service, une allergie après vaccination est rare. Elle se traduit par une éruption cutanée, un œdème oculaire ou du visage, une dyspnée, une baisse de la tension artérielle, une perte de connaissance.
Elle est actuellement remboursée à 65% par la sécurité sociale.
Pour la vaccination aux élèves de 5e au collège, la prise en charge serait de 100 %, avec un accord parental préalable obligatoire.

Une infirmière peut-elle pratiquer cette vaccination ?

L’infirmière de l’Éducation nationale est soumise aux réglementations liées à l’exercice de la profession d’infirmière. L’article R. 4311-5-1.-I. du code de santé publique habilite l’infirmière à réaliser – sans prescription médicale préalable – l’acte d’injection, pour la vaccination contre les papillomavirus humains, aux personnes de plus de 16 ans.
Les élèves de 5ème ne sont donc pas concernés par cette législation.
L’article R 4311-7 du code de santé publique habilite l’infirmière, en application d’une prescription médicale écrite, qualitative et quantitative, datée et signée, ou en application d’un protocole écrit, qualitatif et quantitatif préalablement établi, daté et signé par un médecin, des injections destinées aux vaccinations qu’elle ne peut pas pratiquer en application de l’article R. 4311-5-1.

Les IST font-ils partie de l’éducation à la sexualité ?

Au collège et au lycée, les modalités d’organisation de l’éducation à la sexualité sont établies dans le cadre du CESC. Les actions mises en œuvre font l’objet d’un compte rendu annuel sur le fonctionnement soumis au conseil d’administration. Il s’agit d’apporter aux élèves des informations objectives et des connaissances scientifiques, et de développer leur réflexion et leur esprit critique. Les échanges se font à partir de leurs représentations afin de leur permettre de développer une réflexion individuelle et collective et ainsi les conduire à s’approprier des valeurs humanistes. Différents enseignements offrent l’opportunité d’exploiter des situations, des textes ou des supports qui abordent des thèmes variés : liberté, responsabilité et respect face aux choix personnels (réseaux sociaux, Internet, cyberharcèlement, pornographie, etc.), valeurs et normes, impact des stéréotypes et rôles sexués, prévention des violences sexistes et sexuelles, égalité filles-garçons, contraception, prévention des grossesses précoces non désirées, IST et VIH-sida, orientations sexuelles, respect de son corps et de celui de l’autre, etc. Les enseignements scientifiques liés aux sciences de la vie et de la Terre, aux sciences médico-sociales et à la prévention santé-environnement, occupent une place spécifique dans ce domaine et donnent aux élèves les bases scientifiques indispensables. Les programmes d’autres champs disciplinaires – tels que l’enseignement moral et civique, la philosophie, l’histoire, les arts plastiques, les lettres, etc. – peuvent être également concernés.

Circulaire n° 2018-111 du 12-9-2018
Avons-nous des retours d’expérience utiles ?

En Australie, une vaste campagne avait été initiée dès 2007 auprès des jeunes filles de 12-13 ans. Ces vaccinations gratuites ont été ouvertes pour les garçons à partir de 2013.
Les études menées en parallèle ont démontré l’intérêt de ce type de campagne.

En France, une expérimentation s’est déroulée dans le Grand-Est depuis 3 ans. C’est ce bilan qui a poussé les autorités à parler de sa généralisation à tout le territoire.
Dans les départements de la Meurthe-et-Moselle (54), de la Meuse (55), du Bas-Rhin (67), du Haut-Rhin (68) et des Vosges (88), plusieurs actions de sensibilisation ont été menées en amont : des courriers explicatifs, des soirées d’information à destination des familles… Puis les propositions de réalisation du geste vaccinal en milieu scolaire ont été concrétisées. Il s’avère que des personnels de santé à réaliser cette vaccination dans les établissements scolaires, n’étaient pas de l’Éducation nationale.
Rien n’indique que l’organisation finale décidée, sera calquée à l’identique sur cette expérimentation.

Écoutez l’émission « Le Téléphone Sonne » de FranceInter « Questions/ réponses sur la vaccination contre les papillomavirus »

Par Brigitte Accart

Infirmière, 40 ans à l'Éducation nationale.