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Journée mondiale de la contraception : le rôle clé des infirmières scolaires

Chaque 26 septembre, la journée mondiale de la contraception permet de sensibiliser à l’importance de la planification familiale, de la protection de la santé sexuelle et reproductive, et de l’accès aux méthodes contraceptives. Les infirmières scolaires sont chaque jour en première ligne pour fournir aux jeunes les informations et les ressources dont ils ont besoin pour prendre des décisions éclairées concernant leur sexualité et leur santé.

Éducation et prévention

Avec une casquette méconnue d’éducatrices en santé, les fonctions des infirmières scolaires les amènent à contribuer à l’éducation des élèves et des étudiants, sur les questions de santé, en particulier autour des aspects affectifs et sexuels. Elles sont présentent, tous les jours – dans la mesure des moyens disponibles – pour répondre aux questions, dissiper les mythes et fournir des informations précises sur les différentes méthodes contraceptives disponibles. Les questions touchent aussi bien aux méthodes de contraception à proprement parler, comme les pilules contraceptives, les dispositifs intra-utérins (DIU), ou les implants contraceptifs, que sur la façon dont on peut s’approprier leur usage. En aidant les jeunes à comprendre les options qui s’offrent à elles et eux, elles favorisent leur prise de décisions éclairées pour leur avenir.

Accès aux ressources

Les infirmières scolaires sont en mesure de fournir aux élèves un accès aux ressources nécessaires pour obtenir des contraceptifs. En premier lieu les préservatifs – internes ou externes – sont gratuitement délivrés aux mineurs. L’infirmerie est aussi une porte d’entrée pour accéder aux centres de santé sexuelle, en les aidant à prendre rendez-vous pour prendre en main leur santé. L’objectif est de garantir que les élèves aient accès à des options contraceptives sans jugement ni stigmatisation.

Renouvellement de prescription des contraceptifs

Les infirmières sont autorisées à renouveler les prescriptions datant de moins de 1 an des médicaments contraceptifs oraux, pour une durée de 6 mois non renouvelable, sauf s’ils figurent sur une liste fixée par arrêté du ministère de la santé. Or, aucune liste de médicaments dont le renouvellement serait interdit n’a encore été publiée. L’ensemble des contraceptifs oraux peut donc faire l’objet d’un renouvellement infirmier.

Comment renouveler une prescription de contraceptif ?

Le renouvellement se fait sur l’original de l’ordonnance.

Il doit faire apparaître le nom, le prénom et le numéro RPPS, accompagnés de la mention RENOUVELLEMENT INFIRMIER.

La durée ne peut excéder 6 mois et doit être précisée avec la date de début de ce renouvellement.

Si le médicament contraceptif concerné fait partie de ceux remboursés, il le sera dans les mêmes conditions que pour une prescription médicale initiale.

Cette possibilité offerte par la législation, est un moteur supplémentaire pour l’accès aux contraceptions pour les jeunes, mais aussi un levier pour entamer un accompagnement et un suivi dès la première consultation, dans l’infirmerie de l’établissement scolaire.

Contraception d’urgence

L’infirmière de l’Éducation nationale est habilitée à délivrée la contraception d’urgence (autrefois mal nommée la pilule du lendemain) à la mineure qui en ferait la demande. Cette prise en charge de premier recours implique un entretien confidentiel pour évaluer la situation, informer sur les options disponibles, et décider de la meilleure approche en fonction de l’âge et de la situation familiale de l’élève. Un compte-rendu écrit est requis, soulignant que la contraception d’urgence n’est pas une méthode régulière de contraception, et qu’elle n’est pas efficace à 100%. Un suivi infirmier doit être mis en place et une orientation psychologique et/ou médicale travaillées La prévention des IST est également essentielle, avec une clarification que la contraception d’urgence ne peut remplacer la protection contre ces infections.

Confidentialité

Un aspect central du rôle infirmier, et à l’Éducation nationale en particulier, se retrouve dans la garantie d’une confidentialité totale pour les élèves qui viennent consulter, y compris vis-à-vis des responsables légaux. Venir parler de sexualité et de contraception peut être délicat, voire embarrassant, pour de nombreux jeunes. Il indispensable de créer un environnement de confiance où les élèves se sentent à l’aise de poser des questions et de discuter de leurs préoccupations, sans craindre que leurs informations personnelles ne soient divulguées.

Les infirmières scolaires sont une chance pour favoriser la santé sexuelle et reproductive des élèves et des étudiants, dans une considération plus globale de leur santé. Contribuer à prévenir les grossesses non désirées, permettre d’éviter les infections sexuellement transmissibles, et garantir une sexualité éclairée et consentie à nos jeunes, sont autant d’objectifs ciblés chaque jour dans les infirmeries.

Par Alexandre Faure-Maury

Infirmier de l'Éducation nationale depuis plus de 10 ans, sur divers types de postes et aujourd'hui en inter-degrés.